{"id":431,"date":"2021-02-18T09:34:11","date_gmt":"2021-02-18T08:34:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/?p=431"},"modified":"2025-09-05T12:11:07","modified_gmt":"2025-09-05T10:11:07","slug":"eb-les-chaussons-qui-collent-a-lhistoire-de-lescalade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/2021\/02\/18\/eb-les-chaussons-qui-collent-a-lhistoire-de-lescalade\/","title":{"rendered":"EB : les chaussons qui collent \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;escalade !"},"content":{"rendered":"<div style=\"\" class=\"sharethis-inline-share-buttons\" ><\/div>\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Jean-Claude Droyer nous raconte l&rsquo;histoire de la marque aux 50 bougies. Et elle ne manque pas de rebondissements !<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Fin des ann\u00e9es 60 et ann\u00e9es 70<\/h4>\n\n\n\n<p>Sans doute des plus belles ann\u00e9es de ma vie d&rsquo;alpiniste, en particulier dans le massif du Mont-Blanc. Elles ont \u00e9t\u00e9 riches de \u00ab\u00a0Grands Jours\u00a0\u00bb, les voies les plus dures des Alpes, des hivernales et de premi\u00e8res ascensions majeures en solitaire. Je vais aussi choisir de devenir guide, mais, l&rsquo;escalade sur rocher, la grimpe pure est d\u00e9j\u00e0 et va rester ma premi\u00e8re passion : hors la montagne, je vais beaucoup en falaise et m&rsquo;entra\u00eene assid\u00fbment sur les blocs de la for\u00eat de Fontainebleau.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote has-background has-primary-background-color is-style-default\" style=\"border-color:#000000\"><blockquote class=\"has-text-color has-black-color\"><p>A l&rsquo;\u00e9poque [&#8230;] on utilise encore les chaussures de montagne, ou plut\u00f4t leurs versions all\u00e9g\u00e9es, type \u00ab\u00a0Terray Saussois\u00a0\u00bb, avec des semelles Vibram crant\u00e9es.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque, si on a souvent recours \u00e0 l&rsquo;escalade artificielle pour gravir les grandes parois, en falaise (les \u00ab\u00a0\u00e9coles d&rsquo;escalade\u00a0\u00bb d&rsquo;alors) on grimpe en tire-clou, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec l&rsquo;aide des pitons en place. On utilise encore les chaussures de montagne, ou plut\u00f4t leurs versions all\u00e9g\u00e9es, type \u00ab\u00a0Terray Saussois\u00a0\u00bb, avec des semelles Vibram crant\u00e9es. Les (tr\u00e8s) rares mod\u00e8les de chaussons d&rsquo;escalade \u00e0 semelles de gomme lisses sont r\u00e9serv\u00e9s au bloc \u00e0 Fontainebleau ; personnellement, j&rsquo;utilise les R.D. de Galibier.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1973 ! L&rsquo;ann\u00e9e ou je \u00ab\u00a0d\u00e9couvre\u00a0\u00bb le chausson EB Super-Gratton.<\/h4>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;abord l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9, \u00e0 l&rsquo;automne, le British Mountaineering Conseil transmet \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise (F.F.M.) une invitation qui va permettre \u00e0 quelques bons grimpeurs de l&rsquo;hexagone de d\u00e9couvrir l&rsquo;escalade britannique, tellement inconnue alors ! Choisi pour participer au rassemblement, j&#8217;embarque dans mes bagages pour la premi\u00e8re fois une paire de EB Super-Gratton, \u00e0 tout hasard ! La plus grande partie du s\u00e9jour va se d\u00e9rouler au Pays de Galles , avec nos h\u00f4tes nous d\u00e9couvrons l&rsquo;escalade libre, la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb, bien d\u00e9finie, avec \u00e9ventuellement le (ou les quelques) \u00ab\u00a0point d&rsquo;aide\u00a0\u00bb qui reste \u00e0 lib\u00e9rer, De plus, et c&rsquo;est un changement d&rsquo;importance, les voies n&rsquo;ont pratiquement pas de pitons en place, Il faut s&rsquo;assurer avec des coinceurs, un objet totalement nouveau pour nous les fran\u00e7ais ! Nous constatons aussi que les british portent les chaussons Super Gratton sur toutes les falaises et apparemment depuis d\u00e9j\u00e0 longtemps ! Ces grimpeurs d&rsquo;alors qui nous ont guid\u00e9 l\u00e0-bas, sur ces falaises grandioses \u00e9taient formidables, tant sportivement que sur le plan humain et j&rsquo;en garde un souvenir encore bien vivant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la fin du meeting, nous allons au Peak District grimper sur le \u00ab\u00a0gritstone\u00a0\u00bb aux si belles rondeurs, puis nous faisons un court passage \u00e0 Harrison&rsquo;s Rocks, le \u00ab\u00a0Bleau de Londres\u00a0\u00bb en quelque sorte, o\u00f9 nous avons la chance de croiser la l\u00e9gende du Yosemite Royal Robbins. Ces diff\u00e9rents gr\u00e8s sont pour moi l&rsquo;occasion de chausser mes Super Gratton et d&rsquo;appr\u00e9cier leur souplesse. Pour l&rsquo;adh\u00e9rence requise, ils sont alors sans \u00e9quivalent.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais surtout, ce qui fait toute l&rsquo;importance historique de ce meeting 1973 au Pays de Galles, c&rsquo;est le r\u00f4le d\u00e9terminant qu&rsquo;il va jouer dans l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;activit\u00e9 sur le continent. D\u00e8s le retour, j&rsquo;ai bien compris le message (mais je suis le seul parmi les fran\u00e7ais !) l&rsquo;avenir de l&rsquo;escalade, c&rsquo;est \u00e9videmment le libre. Sous cette forme, je sais que les progr\u00e8s de la difficult\u00e9 vont s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer et je suis convaincu que l&rsquo;escalade libre se d\u00e9veloppera bient\u00f4t comme un vrai sport autonome, isol\u00e9 de l&rsquo;alpinisme. Pour moi aussi, ce voyage aura \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant. C&rsquo;est \u00e0 sa suite que j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de consacrer beaucoup de ma vie \u00e0 l&rsquo;escalade pour tracer le chemin de son \u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1975 ! J&rsquo;adopte d\u00e9finitivement les Super-Gratton EB !<\/h4>\n\n\n\n<p>Les premiers temps, le chemin du libre est lent et tortueux, plein d&rsquo;obstacles et d&rsquo;h\u00e9sitations. L&rsquo;ann\u00e9e 75, je suis bien tent\u00e9 de r\u00e9pondre au d\u00e9fi pos\u00e9 par la r\u00e9cente et spectaculaire Tour Montparnasse \u00e0 Paris, haute de 215m. Le d\u00e9fi est dans l&rsquo;air, je d\u00e9cide vite Patrick Pelayo de m&rsquo;accompagner pour tenter l&rsquo;ascension&#8230; et la r\u00e9ussir ! Ce fut un gros coup m\u00e9diatique gr\u00e2ce aux photos de l&rsquo;agence Sipa-Press publi\u00e9es dans le monde entier (mais peu en France comme par hasard car les autorit\u00e9s ont peu appr\u00e9ci\u00e9 l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement !) Pour grimper, nous avions choisi les Super-Gratton, pour une adh\u00e9rence tout en adh\u00e9rence de pied, le long des poutrelles m\u00e9talliques verticales de l&rsquo;ar\u00eate N-E.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu apr\u00e8s, on m&rsquo;appelle au t\u00e9l\u00e9phone, c&rsquo;est M. Edmond Bourdonneau, le patron d&rsquo;EB. Il a vu l&rsquo;ascension, su que je portais des chaussons et il m&rsquo;annonce \u00ab\u00a0si vous \u00eates int\u00e9ress\u00e9, je fournis A VIE !\u00a0\u00bb Voil\u00e0 c&rsquo;est parti comme \u00e7a !<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1975-81 ! La \u00ab\u00a0croisade\u00a0\u00bb du libre<\/h4>\n\n\n\n<p>Le moment est venu : j&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re sur la route du libre. Apr\u00e8s plusieurs 6b de continuit\u00e9 (avec la fin du repos sur les points !) l&rsquo;entra\u00eenement technique comme physique et le travail des mouvements dans la voie me permettent de r\u00e9ussir d\u00e8s 1976 les premiers 6c \u00e0 Saffres et au Saussois. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, un nouveau palier de difficult\u00e9 est atteint lorsque j&rsquo;encha\u00eene au Saussois le surplomb de la deuxi\u00e8me longueur de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9chelle \u00e0 Poissons\u00a0\u00bb qui devient le premier 7a de France. Un certain nombre d&rsquo;autres voies de niveau 7a (mythique \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque !) vont suivre dans diff\u00e9rentes falaises de France que je visite sans rel\u00e2che avec quelques fid\u00e8les partenaires. 1980 verra se concr\u00e9tiser le niveau 7b, en particulier \u00e0 Buoux, une falaise unique qui jouera plus tard un r\u00f4le de premier plan dans le d\u00e9veloppement de la haute difficult\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces ann\u00e9es passionnantes, je les ai v\u00e9cues avec les Super-Gratton aux pieds, et c&rsquo;est alors que les chaussons EB sont devenus si populaires ! Ce fut une p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;enthousiasme m&rsquo;a port\u00e9 vers la d\u00e9couverte de nouvelles possibilit\u00e9s, ponctu\u00e9e de succ\u00e8s m\u00e9morables ! M\u00eame si j&rsquo;eus aussi \u00e0 faire face \u00e0 des pol\u00e9miques plut\u00f4t st\u00e9riles, la r\u00e9sistance au changement exprim\u00e9e par une partie du milieu n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 entamer ma d\u00e9termination ; d&rsquo;autant moins qu&rsquo;\u00e0 mesure que le rayonnement du libre grandissait, je voyais un nombre croissant de grimpeurs, jeunes surtout adopter la nouvelle philosophie. J&rsquo;ai profit\u00e9 aussi d\u00e8s ces ann\u00e9es de mon exp\u00e9rience d&rsquo;alpiniste pour aborder en libre quelques voies sur les parois de granite du Mont-Blanc et dans les Dolomites. C&rsquo;est avec les Super-Gratton que j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 grimper en libre les deux grandes classiques historiques des faces nord de Tre Cime di Lavaredo : en 1978 la Comici \u00e0 la Cima Grande (6b) et l&rsquo;ann\u00e9e suivante, la Cassin \u00e0 la Cima Ouest (7a), succ\u00e8s qui ont ouvert l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;escalade libre dans les parois surplombantes des Dolomites.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1981 : on peut dire qu&rsquo;\u00e0 cette date, l&rsquo;escalade libre est devenue \u00ab\u00a0LA\u00a0\u00bb nouvelle pratique sportive<\/h4>\n\n\n\n<p>Ou presque un sport. La meilleure illustration en est faite par le festival de Kohnstein, organis\u00e9 en Allemagne en juin 1981 par des marques priv\u00e9es. Pour la premi\u00e8re fois, le public est invit\u00e9 \u00e0 assister \u00e0 un spectacle d&rsquo;escalade sur une falaise o\u00f9 vont se distinguer certains des meilleurs grimpeurs de la plan\u00e8te ! Bient\u00f4t les grands m\u00e9dias audiovisuels vont s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;escalade libre : la machine est lanc\u00e9e, mais elle conna\u00eetra aussi, bien des soubresauts !<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les ann\u00e9es 80 : l&rsquo;essor de l&rsquo;entreprise EB (et sa chute inattendue)<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"722\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-722x1024.jpg\" alt=\"\" data-id=\"433\" data-full-url=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1.jpg\" data-link=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/?attachment_id=433\" class=\"wp-image-433\" srcset=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-722x1024.jpg 722w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-768x1089.jpg 768w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-1083x1536.jpg 1083w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-1445x2048.jpg 1445w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1-1568x2223.jpg 1568w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub01-1.jpg 1666w\" sizes=\"(max-width: 722px) 100vw, 722px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"722\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-722x1024.jpg\" alt=\"\" data-id=\"434\" data-full-url=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02.jpg\" data-link=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/?attachment_id=434\" class=\"wp-image-434\" srcset=\"https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-722x1024.jpg 722w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-768x1089.jpg 768w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-1083x1536.jpg 1083w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-1445x2048.jpg 1445w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02-1568x2223.jpg 1568w, https:\/\/www.salon-escalade.com\/vertical-feed\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/EB_MC2JC_DROYER_pub02.jpg 1666w\" sizes=\"(max-width: 722px) 100vw, 722px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de la d\u00e9cennie, pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande croissante, M. Bourdonneau a d\u00e9cid\u00e9 de s&rsquo;agrandir, et l&rsquo;entreprise s&rsquo;installe dans un nouvel et vaste atelier situ\u00e9 \u00e0 Verri\u00e8res-le-Buisson, pr\u00e8s de Massy. Et, j&rsquo;accepte avec joie la proposition d&rsquo;entrer comme conseiller technique dans l&rsquo;\u00e9quipe EB. Au d\u00e9but, mon r\u00f4le reste limit\u00e9 \u00e0 la promotion. Mais plus tard, le patron d&rsquo;EB d\u00e9cide de tenter un profond changement dans le processus de fabrication des Super-Gratton, pour optimiser les co\u00fbts : il s&rsquo;agit d&rsquo;une op\u00e9ration de moulage qui int\u00e8gre semelle et enrobage en une seule pi\u00e8ce. Bien-s\u00fbr je vais tester le prototype du chausson moul\u00e9, et l\u00e0, horreur ! Il a perdu une bonne part de ses qualit\u00e9s, les sensations sont absentes. Je n&rsquo;ai alors cesse de convaincre M. Bourdonneau de renoncer \u00e0 son projet, sinon on va \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec. Et j&rsquo;y parviens ! On oubliera les moules, sauf peut-\u00eatre pour un mod\u00e8le d\u00e9but de gamme et on va profiter de cette impasse pour am\u00e9liorer le \u00ab\u00a0d\u00e9j\u00e0 vieux\u00a0\u00bb Super-Gratton. Nous allons r\u00e9aliser un nouveau mod\u00e8le plus \u00e9volu\u00e9 : le Super-Maestria, qui devra devenir le flambeau de la marque. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion pour moi d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;acteur d&rsquo;une publicit\u00e9 originale pour la marque o\u00f9 j&rsquo;apparais tel \u00ab\u00a0Einstein\u00a0\u00bb pr\u00e9sentant le nouveau mod\u00e8le sous la c\u00e9l\u00e8bre formule (un peu modifi\u00e9e) : EB= MC2 ! Plus tard, EB recrutera un deuxi\u00e8me conseiller technique en la personne de J.B. Tribout et l&rsquo;entreprise va produire deux nouveaux mod\u00e8les pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution du march\u00e9 de l&rsquo;escalade. Mais malheureusement, cet essor ne va pas durer ! En 1987, un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 en marche depuis quelques temps va brutalement s&rsquo;intensifier : l&rsquo;incroyable succ\u00e8s de la marque espagnole Bor\u00e9al, qui a commercialis\u00e9 un mod\u00e8le de chausson \u00e0 semelles de gomme r\u00e9sin\u00e9e artisanale (dite \u00ab\u00a0cocida\u00a0\u00bb) r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;anciens pneu, aux performances d&rsquo;adh\u00e9rences sup\u00e9rieures \u00e0 tout ce qui existe alors. Le chausson FIRE, bien qu&rsquo;assez basique, envahit le march\u00e9 am\u00e9ricain (tous les grimpeurs veulent d\u00e9couvrir le \u00ab\u00a0sticky rubber\u00a0\u00bb!) o\u00f9 les ventes de EB (jusqu&rsquo;alors dominantes) s&rsquo;effondrent totalement. C&rsquo;est la cause principale, jointe \u00e0 un mode commercial \u00ab\u00a0mono-produit\u00a0\u00bb, d&rsquo;une crise financi\u00e8re qui va \u00eatre fatale \u00e0 l&rsquo;entreprise Bourdonneau. A la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1987, la soci\u00e9t\u00e9 EB est mise en liquidation judiciaire : l&rsquo;usine et les produits disparaissent !<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, dans toutes les salles de grimpe, sur les blocs et sur les falaises les plus diverses, bon nombre de grimpeurs \u00e9voluent avec les chaussons EB, et ce, depuis le d\u00e9butant avis\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 un expert comme Seb Bouin qui ouvre et r\u00e9ussit des voies parmi les plus dures de la plan\u00e8te. Et pour moi, c&rsquo;est comme un appel \u00e0 revenir \u00e0 mes premi\u00e8res amours !<\/p>\n\n\n\n<p>MAIS, la marque va \u00eatre rachet\u00e9e et perdurer. Des acteurs motiv\u00e9s pour maintenir une fabrication de chaussons sous cette marque historique fran\u00e7aise vont essayer de relancer l&rsquo;activit\u00e9 avec des fortunes diverses mais sans jamais parvenir \u00e0 retrouver le succ\u00e8s d&rsquo;avant, ni un r\u00e9el d\u00e9veloppement. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs \u00e0 cette p\u00e9riode que de nouveaux fabricants vont appara\u00eetre sur le march\u00e9 du chausson d&rsquo;escalade (en plein d\u00e9veloppement !) et sauront prendre le leadership : d&rsquo;abord La Sportiva en Italies et Five-Ten aux USA.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">EB aujourd&rsquo;hui ! Un nouvel essor<\/h4>\n\n\n\n<p>Plus tard, c&rsquo;est Fred Tuscan qui reprend le flambeau de la marque EB. Fort de son exp\u00e9rience du haut niveau, connaissant bien le milieu de l&rsquo;escalade, il se lance dans l&rsquo;aventure pour relancer la marque. Fred cr\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 9A Climbing restructure les composantes de la production et va d\u00e9velopper progressivement une gamme de chaussons EB performants et adapt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution du sport. Il s&rsquo;entoure aussi d&rsquo;une team de forts grimpeurs qui testent les mod\u00e8les et en font la promotion. Cette fois, le succ\u00e8s se confirme au cours des ann\u00e9es, et les ventes progressent en France comme \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger : la croissance de l&rsquo;entreprise est assur\u00e9e !<\/p>\n<div style=\"margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;\" class=\"sharethis-inline-share-buttons\" ><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Claude Droyer nous raconte l&rsquo;histoire de la marque aux 50 bougies. Et elle ne manque pas de rebondissements ! 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