Un nouveau topo tout doux pour partir à l'aventure sans voiture depuis Grenoble

MONTAGNES MAGAZINE

Beau projet cherche financements : porté par une illustratrice, Fanny Audigé, et un moniteur d'escalade, Florian Garibal, un topo d'un nouveau genre est sur le point de voir le jour. L'objectif ? Démontrer que faire de la grande voie, depuis Grenoble et sans voiture, en réduisant au maximum son impact écologique, c'est possible. Fanny et Florian comptent sur un financement participatif pour lancer l'impression du topo en auto-édition. Initiateur d'un modeste blog sur la toile, La crèmerie , où il raconte ses aventures alpines toutes douces (en vélo, en train et autres mobilités alternatives à la voiture individuelle), Florian Garibal veut parler et convaincre plus de monde. Pour ce passionné d'escalade et de vélo, l'accès à la montagne a besoin d'être réinventé. « Tous les mois, on avait 1 600 personnes qui lisaient le blog. Dans le cadre du DE escalade, je devais avoir un projet de fin d'études et l'idée de faire un topo remplissait deux cases : celle de me faire plaisir et celle de communiquer sur une pratique plus durable de l'escalade », explique-t-il. Avez Fanny, illustratrice dans la cuvette grenobloise, ils se lancent tous les deux dans la création d'un topo. « Le Mobiguide, 50 randonnées en Isère sans voiture a été une inspiration de la part de l'association Alpes là ! En discutant avec eux, ils sont parvenus à vendre presque 6 000 exemplaires les deux premières années donc il y a une vraie demande sur le territoire de Grenoble. » Imprimerie raisonnée et carte blanche Dans le topo, une partie sera consacrée au vélo, à la préparation de la sortie, au matériel et à la logistique. Question escalade, les 51 secteurs sont illustrés à l'aquarelle, 89 grandes voies dans 5 massifs sont décortiqués en détail. Les accès en bus, vélo, train ou même stop sont tracés sur une carte et après une année de travail, de dessin, de grimpe et de repérage le projet est bientôt prêt à être imprimé à la manufacture des deux Ponts de Grenoble, la première imprimerie française certifiée ISO 14001 (en 2004). « On voulait un process rodé et au maximum cohérent, ne pas bâcler la fin du projet. On voulait réduire l'impact du livre », justifie Florian. Pour se faire, le financement participatif est une étape importante dans le process de création et d'auto-édition d'un topo. D'abord, pour la liberté éditoriale et artistique qu'elle procure. « Avoir carte blanche était important pour nous car on a des positions assumées, politiques. On revendique de vouloir changer d'approche, d'aller moins vite. On donne également la parole à des grimpeurs et grimpeuses militant·es et engagé·es comme Nolwen Berthier, Éline Le Menestrel ou Pablo Recourt. » Secondo, les bénéfices de la vente des topos sera à hauteur de 30 % redistribués à des associations luttant pour la protection de l'environnement ( Mountain Wilderness Alpes Là ! et Protect Our Winters ) et pour l'entretien et l'équipement des falaises locales ( ECI VTNO et Oisans Nouveau Oisans Sauvage Le projet devrait voir le jour grâce aux 256 précommandes à l'heure où nous publions cet article. La suite, c'est la fin de la cagnotte le 17 octobre prochain, la fin de l'impression début novembre et une première présentation du topo aux Rencontres Ciné Montagne de Grenoble entre le 4 et le 8 novembre. Fanny et Florian seront également présents au Marché de Noël de Grenoble en décembre ainsi qu'au Salon de l'Escalade à Paris le 10 et 11 janvier 2026.