L'avenir s'annonce radieux pour l'escalade

Sport Stratégies

L’étude exclusive de la grimpe, baptisée « Observatoire de l’escalade », conjointement réalisée par la Fédération française montagne et escalade, L'UNION sport & cycle et l’union des salles d’escalade auprès d’un panel de 8 500 pratiquants, vient d’être rendue publique… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la discipline se porte bien. Très bien même. En seulement 10 ans, le nombre de grimpeurs a doublé, attirant aujourd’hui plus de 2 millions de pratiquants. Une ascension qui se distingue par la féminisation croissante de la pratique et le très fort engouement chez les jeunes. Ce document inédit offre un éclairage complet sur la situation actuelle et les perspectives futures de l’escalade en France. Pour L'UNION Sport & Cycle, l’escalade est un véritable phénomène de société. Avec 1 300 lieux de pratique, notamment boostés par la création de 20 salles privées par an en moyenne ces 10 dernières années et la mise en service de grands équipements emblématiques comme ceux de Laval ou de Troyes, la grimpe s’est installée comme une pratique majeure en France. Un phénomène qui s’explique, d’abord, par la facilité d’accès à la pratique. [...] L’installation de murs d’escalade dans des équipements publics de proximité permet également une pratique de masse, accessible à tous et quel que soit l’endroit. La croissance des salles privées d’escalade en zone urbaine contribue aussi à la bonne santé de la grimpe en France. Selon François Petit, président de Climb Up, réseau de salles d’escalade privées, les ouvertures annuelles se comptent par dizaines et atteignent +30 % par an. LES FEMMES ADHÈRENT, LES JEUNES AUSSI « Qui sont ces nouveaux pratiquants qui ont porté la croissance de l’escalade ces dernières années ? », s’interroge Jean-Philippe Frey, responsable du pôle économique de L'UNION Sport & Cycle. L’étude, lancée auprès de pratiquants engagés, démontre tout d’abord une féminisation de la pratique : ces dernières représentent 42 % des pratiquants, et 58 % des néo-pratiquants (moins de 2 ans), faisant ainsi de l’escalade une activité quasiment paritaire. [...] La dynamique des Jeux Olympiques a continué de renforcer l’intérêt des jeunes pour ce sport constate l’étude. La fréquentation dans les salles aurait ainsi augmenté de 17 % en septembre, et l’escalade urbaine se développerait particulièrement chez les 15-25 ans. Rien d’étonnant à ce que la discipline emballe la jeune génération… Pour Alain Carrière « les grimpeurs de l’équipe de France sont jeunes, inspirants et performants et leurs résultats, au-delà des Jeux Olympiques, ne peuvent que résonner auprès de nouveaux pratiquants ». L’arrivée de ces néo-pratiquants a eu un effet notable sur les ventes d’équipement en magasin. « Très rapidement, les pratiquants souhaitent acheter leurs propres chaussons, avec une attention portée à l’esthétique, à de belles photos, et à un bel équipement », affirme Aymeric de Rorthays, directeur général du Vieux Campeur. LA GRIMPE EST COMMUNAUTAIRE ET ADDICTIVE « L’escalade, c’est avant tout une communauté », souligne François Petit. « Notre sport se distingue des salles de sport traditionnelles en étant un véritable lieu de vie, où les pratiquants peuvent non seulement grimper, mais aussi partager des moments conviviaux ». Que ce soit en salle ou en extérieur, l’escalade rassemble et se pratique de manière très régulière. L’étude montre en effet que 84 % des grimpeurs déclarent pratiquer une fois par semaine ou plus, grâce notamment à la complémentarité entre les offres des salles privées et des clubs associatifs qui permet aux licenciés d’étendre leur pratique et de progresser. Il convient néanmoins de relativiser ce chiffre, car 66 % des répondants sont des licenciés de la fédération, naturellement très engagés et assidus à la pratique. L’étude relève que l’entourage immédiat des grimpeurs est fondamental dans la décision de s’adonner ou non à l’escalade. Ainsi les proches sont-ils les premiers prescripteurs (44 %). Tout aussi importante, la proximité avec une salle ou un club (9 %) et la découverte de la discipline à l’école ou à l’université (6 %). Aymeric De Rorthays évoque lui aussi « la dimension communautaire et esthétique » de l’escalade, avec des pratiquants « qui, très rapidement, investissent dans leur propre matériel et partagent leur expérience sur les réseaux sociaux, transformant ce sport en un véritable phénomène culturel ». Un engouement qui a été renforcé auprès des jeunes à la suite de la sortie du film d’Inoxtag en septembre, avec de nombreux adolescents (12-17 ans) qui viennent en magasin pour se lancer dans la pratique de la grimpe outdoor. UN SPORT DE PASSIONNÉS L’étude montre que la pratique répond aux attentes des Français. Les raisons qui poussent les Français à s’adonner à l’escalade : entretenir son corps (47 %), s’amuser et rechercher de la convivialité (46 %), assouvir sa passion pour la grimpe (35 %). Des motivations qui varient avec l’âge. Ainsi, plus les grimpeurs sont âgés, plus la recherche d’une pratique au contact de la nature est forte (47 % pour les plus de 55 ans). Les pratiquants vantent l’accès facile à l’escalade. L’autonomie est appréciée… à noter que seuls 27 % des grimpeurs prennent des cours. 19 % seulement participent à des compétitions. Point commun : la pratique est addictive. La grande majorité des grimpeurs ont une pratique très régulière. 84 % des 8 500 sportifs interrogés déclarent grimper au moins une fois par semaine. C’est mieux que le foot 5 (39 %) ou encore le padel (56 %). L’étude pointe du doigt la complémentarité des lieux de pratique. Ainsi, 73 % des grimpeurs pratiquent dans plusieurs lieux de pratique. 62 % déclarent avoir pratiqué sur un site naturel. L’ESCALADE ET L’ÉCOLOGIE… MAIN DANS LA MAIN ? L’escalade a aujourd’hui un rôle de leadership à jouer dans la sensibilisation aux enjeux environnementaux. En effet, les grimpeurs sont de plus en plus sensibles à ces questions, comme en témoigne le fait que 59 % des pratiquants ressemèlent leurs chaussons pour les réutiliser. « Nous sommes en pleine transition écologique avec des prises d’escalade plus respectueuses de l’environnement et des pratiquants qui prolongent la durée de vie de leur matériel en ressemelant leurs chaussons », affirme Aymeric de Rorthays. Le marché du chausson demeure en pleine croissance. Les grimpeurs consacrent en moyenne 101 euros à leurs chaussons de grimpe. Top 3 des marques : La Sportiva (28 %), Scarpa (21 %) et Simond (16 %). Les lieux d’achats privilégiés : en magasin pour 82 % des acheteurs (Vieux Campeur, Decathlon, Magasins spécialisés), sur internet pour 12 % et d’occasion pour 6 %. La Fédération française montagne et escalade intègre aussi « des modules d’écoresponsabilité dans toutes ses formations diplômantes », soulignant que des actions comme le nettoyage des sites de grimpe font partie intégrante de la culture historique de l’escalade. 150 MILLIONS D’EUROS DE CA POUR LES SALLES D’ESCALADE EN FRANCE Le marché de l’escalade en France connaît une croissance importante. Avec un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros uniquement pour les salles d’escalade, et 500 millions en incluant tout le matériel dédié à la verticalité, l’escalade continue de se développer. « Nous allons continuer à mailler le territoire, en particulier dans les petites villes », déclare François Petit. Alain Carrière ajoute pour sa part que « dans les villes moyennes encore non équipées, il reste de nombreux endroits à développer ». Plusieurs événements viendront renforcer dans les mois à venir cette dynamique récente. Parmi eux, l’organisation du Salon de l’escalade prévu début janvier à Paris, sans oublier le circuit national des compétitions et les étapes de coupes de monde en France, portés ou accompagnés par la FFME. Afin de suivre les indicateurs majeurs du secteur, l’Union sport & cycle prévoit d’installer un baromètre de l’escalade pour toujours mieux connaître la pratique et proposer des rendez-vous réguliers autour de ses enjeux. « Très rapidement, les pratiquants souhaitent acheter leurs propres chaussons, avec une attention portée à l’esthétique, à de belles photos, et à un bel équipement »