Eric Hatesse, organisateur du Salon de l’Escalade pour tous les publics

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Fort d’une édition 2026 réussie, la 7e édition du Salon de l’Escalade aura lieu du 15 au 17 janvier 2027, toujours à Paris Expo Porte de Versailles. Eric Hatesse, à la tête de l’événement depuis sa création, annonce plusieurs évolutions avec pour objectif de rendre l’événement plus performant pour les professionnels. Après deux éditions à Paris, quel bilan tirez-vous du Salon de l’Escalade ? La 6e édition, en janvier 2026, s’est globalement très bien passée. Elle nous a permis de transformer l’essai de notre première édition parisienne en 2025 et de confirmer que Paris était le bon choix pour le salon. Nous avons évidemment aussi constaté le ralentissement du marché, notamment sur le segment de l’indoor, avec un visitorat professionnel que nous aurions aimé plus nombreux. Ce qui nous a en revanche beaucoup intéressés, ce sont les retours des exposants. Malgré une activité moins effervescente que lors des années précédentes, ils nous ont confirmé que leur présence restait importante. Dans un marché qui ralentit, il faut aussi être présent, montrer que l’on continue à investir et saisir les opportunités de prendre des parts de marché. Cette édition nous a donc confortés dans une conviction : le salon reste pertinent, mais il doit continuer à évoluer pour être toujours plus utile à l’ensemble de la filière. Comment allez-vous faire évoluer le salon ? La 7e édition aura lieu du 15 au 17 janvier 2027, toujours à Paris Expo Porte de Versailles, dans le Pavillon 5. Nous restons à Paris pour plusieurs raisons : la taille du bassin de visiteurs, la diversité des profils que nous pouvons toucher et, de plus en plus, notre ambition internationale. Porte de Versailles est notamment à moins de trois heures de nombreuses capitales européennes. La nouveauté la plus visible sera l’ajout du vendredi. C’est une journée de salon supplémentaire, en semaine, qui doit faciliter la venue des professionnels. Nous travaillons aussi sur tout ce qui peut générer davantage de flux professionnels : invitations gratuites pour les professionnels du secteur préalablement enregistrés, campagnes de mailing menées avec nos exposants auprès de leurs propres audiences, networking et programmation dédiée. Vous avez notamment renforcé le programme professionnel avec Tiphaine Lazard (ex-directrice marketing chez EP Climbing et désormais à son compte)… Nous avons choisi de faire appel à Tiphaine Lazard pour renforcer spécifiquement cette dimension professionnelle. Elle connaît très bien le secteur et bénéficie d’une vraie reconnaissance auprès de ces acteurs. Nous voulons apporter davantage d’expertise et de contenu à haute valeur ajoutée au salon. Tiphaine avait notamment en tête la création d’un sommet de la filière. De notre côté, nous disposions déjà d’un événement qui rassemble chaque année une partie croissante de l’écosystème. Le rapprochement était donc assez naturel. Cela donne naissance au Summeet Up, avec des conférences, débats, ateliers, activations, rendez-vous de networking et un dîner professionnel. Le salon revendique cette mixité entre professionnels et pratiquants. Est-ce encore pertinent dans un contexte où les besoins des deux publics sont différents ? Oui, et je pense même que c’est l’une de nos forces. Dans l’escalade, la frontière entre les deux mondes est particulièrement poreuse. Beaucoup de professionnels travaillent dans ce secteur parce qu’ils sont d’abord pratiquants et passionnés. Et des pratiquants peuvent demain devenir salariés d’une salle, créer une entreprise ou travailler pour une marque. Les deux populations se nourrissent mutuellement. Tous les visiteurs peuvent accéder à tous les stands, et il existe des acteurs B2B dans l’ensemble du salon. Cette mixité est aussi intéressante pour les entreprises. Même lorsqu’elles travaillent principalement en B2B, elles ont intérêt à observer les utilisateurs finaux. Dans ce contexte de ralentissement du marché, quelle lecture faites-vous aujourd’hui de la situation ? Oui, il y a un ralentissement global, mais il faut éviter de résumer le marché à l’indoor. Côté outdoor, la demande et la mobilisation restent fortes. Les événements récents autour de Fontainebleau ou du Mont-Blanc l’ont encore montré, et plusieurs destinations touristiques françaises où se pratique l'escalade ont enregistré une très bonne saison estivale. Après plusieurs années de très forte croissance, je parlerais plus volontiers d’un palier que d’un effondrement généralisé. Le marché devient plus mature, plus segmenté, plus concurrentiel et probablement plus sélectif. Quels sont les premiers signaux pour 2027 ? Le rôle d’un salon devient primordial dans une période comme celle-ci. Un salon permet de rencontrer ses clients et prospects, de présenter ses nouveautés, d’observer ses concurrents, d’identifier des opportunités et de prendre le pouls de la filière. Nous avons d’ailleurs fait évoluer notre propre fonctionnement pour donner davantage de possibilités stratégiques aux exposants. Cette année, ils peuvent notamment choisir leur emplacement sur le plan, selon les disponibilités à la date de réservation. Cela les implique beaucoup plus tôt dans leur réflexion et transforme davantage leur présence en véritable outil commercial. Les premiers signaux sont plutôt encourageants. À ce stade de la commercialisation, les surfaces réservées sont en hausse de 17 %. Je suis le premier surpris. Compte tenu du contexte, je pensais plutôt que les exposants allaient lever le pied…